D'après la
légende, Léto (Latone chez les Romains), séduite puis abandonnée par
Zeus, errait à travers le monde, portant le fruit de ses relations
coupables avec le maître des dieux. Poursuivie par la colère d'Héra, qui
avait interdit à toute terre de recevoir la malheureuse déesse, celle-ci
ne trouva qu'un îlot misérable, dérivant au fil des flots, Ortygie, pour
accoucher. Après 9 jours et 9 nuits de douleur, Léto mit au monde des
jumeaux, Apollon et Artémis, et l'île, désormais stabilisée par quatre
piliers arrimés aux fonds marins, fut rebaptisée Délos ("l'Éclatante")
en hommage au dieu de la lumière.
Le caractère sacré
de Délos en fait, à partir du 4° siècle av. J.-C., l'un des plus importants
sanctuaires au monde, et le principal port de la Méditerranée, grand marché de
céréales et d'esclaves. Il est interdit d'y naître ou d'y mourir; les femmes
enceintes et les mourants sont transférés sur une île voisine. A son apogée, au
premier siècle avant notre ère, la ville compte 25.000 habitants.
Après la prise de l'île par Mithridate VI (88 av. J.-C.), son déclin commence,
et elle est abandonnée trois siècles plus tard.
Le site a été
fouillé depuis la fin du 19° siècle par l'École française d'archéologie.
L'usure des marches des propylées donne une idée de l'affluence des siècles
passés.
Trois temples dédiés à Apollon et le temple d'Artémis accueillaient les
pèlerins; des neuf lions qui faisaient face au lac sacré, cinq copies (les
originaux se trouvent au musée)
subsistent, un a été placé par les vénitiens à l'entrée de l'Arsenal de Venise,
trois ont disparu.
Enfin, plusieurs quartiers d'habitation sont encore visibles, dans différents
états de conservation.